Victime potentielle ou Femme désirante

J’ai grandi avec l’idée que j’étais une victime potentielle du désir de l’autre.
Quand j’étais ado et que je commençais à m’habiller avec des jupes, des décolletés et à me maquiller, mes parents me faisaient comprendre qu’il fallait que je fasse attention car je pouvais attirer le regard des hommes et potentiellement me faire agresser. C’est à peu près les seules fois où mes parents m’ont parlé de sexualité, et c’était donc pour me parler d’agression!
J’ai alors grandi avec l’idée que je pouvais être une victime et que potentiellement les hommes avaient des désirs incontrôlables et violents.
Attention, je ne fais que transcrire un contexte, je ne parle ici que d’une partie de mon histoire, qui n’est en aucun cas une généralité.


Bref, ce contexte m’a fait développer des représentations avec lesquelles j’ai grandi.
Dans ces représentations, il n’y avait pas de place pour ma puissance et mon désir.
Pas de place pour ma puissance de fille, qui devient femme, une femme qui peut s’affirmer, se positionner, être respectée.
Pas de place pour mon désir, c’est l’autre qui désire et il faut se comporter en fonction de ce qu’on croit être le désir de l’autre.
La puissance et le désir ne me sont pas interdits.
Ils ne sont pas nommés
Il y a un vide, une absence.
Voilà pourquoi je vous bassine depuis plusieurs jours avec des extraits du livre du Dr Danièle Flaumenbaum, parce que déjà son titre a été une prise de conscience énorme pour moi, Femme désirée Femme désirante.
Oui, les femmes sont désirantes
Oui, j’ai des désirs
Oui, je suis une femme qui désire.
Ça paraît peut-être évident mais ça n’avait pas fait partie de mon vocabulaire pendant 30 années de ma vie.
(pour la blague mon correcteur orthographique ne reconnaissant pas désirantes me propose délirantes)

Parce que j’ai trop souffert d’absence de mots, de représentations, d’exemples inspirants, j’aime rendre visibles toutes les personnes, livres, vidéos, œuvres artistiques qui montrent une image de la femme vivante, sexuée, désirante, désirée, vulnérable et puissante.

Merci à Alice Heit de me permettre d’illustrer mon article avec « le printemps », dessin préparatoire à l’encre de chine, pour une gravure en cours de préparation.

Si vous ne connaissez pas encore le travail d’Alice, je vous recommande vivement d’aller sur ces pages Facebook et Instagram où elle partage ses œuvres et leurs histoires.

Et si vous n’avez toujours pas lu Femme désirée Femme désirante de Danièle Flaumenbaum, courrez chez votre libraire pour le commander ! Et n’hésitez pas à me faire part de vos impressions pendant votre lecture.

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